L'EPIDEMIE DE PESTE DE 1720 EN PROVENCE.

La peste de 1720 en Provence est une des dernières grandes épidémies enregistrée en France métropolitaine, et même en Europe. Elle provoqua la mort d’une grande partie de la population provençale. La peste fut importée par un navire marchand qui ne respecta pas la période de quarantaine pour ne pas perdre la précieuse cargaison, destinée à la Foire de Beaucaire.


Le Grand St Antoine, port de Marseille

Durant les premiers mois de l’année 1720, un navire fait route du Levant vers Marseille, chargée d’une précieuse cargaison. Plusieurs matelots ou passagers décèdent durant le voyage, mais ni le médecin ni le chirurgien ne reconnurent qu’il s’agissait de la peste. En quelques jours, 7 hommes perdirent la vie, mais la patente du navire était nette, lui accordant le droit de faire des escales. Le commandant du navire, qui a des doutes sur la présence de la peste à bord de son navire, prévient discrètement son armateur, pour recevoir les instructions. L’armateur, ne souhaitant pas risquer de ne pas pouvoir vendre la cargaison à la foire de Beaucaire, demande au commandant de faire faire une patente « nette » aux autorités du port de Livourne, garantissant la bonne santé du navire, dernière escale avant la cité phocéenne.

Le 25 mai 1720, le Grand-Saint-Antoine, commandé par Jean-Baptiste Chataud, entre dans le Vieux-Port de Marseille tandis qu’il aurait dû se rendre directement sur l’île de Jarre respecter la période de quarantaine. Suite à un nouveau décès deux jours plus tard, les autorités sanitaires envoient le navire mouiller sur l’île de Pomègues, pour éloigner les risques de contagions. Seulement, fait inhabituel, l’autorisation est donnée pour le débarquement les marchandises non contaminées ! Sans doute est-ce là le travail de fond des armateurs, qui ne souhaitaient pas voir leur marchandise louper la fameuse foire de Beaucaire, et ainsi dire adieu à leurs profits. La règle de la quarantaine voulait que les hommes passent 40 jours en quarantaine, et 50 jours pour la marchandise. Seulement, suite aux pressions de l’armateur et des négociants marseillais, la quarantaine fût levée dès le 4 juin pour les marchandises restantes (comme les étoffes, qui auraient dues rester 26 jours à sécher au soleil) ainsi que pour les passagers, grâce au commandant qui ne cessa de répéter que les décès étaient dus à d’autres causes que la peste.

Durant l’été 1720, les décès s’accumulent à Marseille, et la maladie s’étend aux campagnes environnantes. Les villes d’étapes, les villes relais furent plus touchées que les campagnes. Le 31 juillet, le Parlement de Provence reprend en main l’épidémie et déclare officiellement l’épidémie, et décide d’isoler la ville de Marseille. La responsabilité est mise injustement sur le commandant Chataud, qui est alors enfermé durant plus de deux ans au Château d’If. Le 14 septembre 1720, le Conseil du Roi promulgue un arrêt mettant en quarantaine toute la Provence, ceci afin d’éviter que la peste de ne propage à tout le royaume. La peste arrive à Apt le 25 septembre, après être passé par la Combe de Lourmarin. Le lendemain, le navire le Grand-Saint-Antoine est brûlé, puis coulé dans l’anse de Jarron par ordre du Régent.

Des mesures sont prises pour contenir la peste, telles que la mise en place de ligne Sanitaire (contrôlées par la France, et par le Comtat) l’interdiction du commerce de marchandises avec les ports de Provence, ou encore l’interdiction des fêtes et carnavals. Au mois de mars 1721, alors que l’épidémie ne cesse de progresser, le vice-légat du Comtat décide la construction d’un grand mur afin de lutter contre le fléau. Ce mur, appelé « mur de la Peste », construit en pierres sèches, isole le Comtat de la Provence. Des sentinelles gardent ce mur, qui s’étend alors de Cavaillon à Sault, sur 36 kilomètres de long. La construction sera longue de part ses dimensions (6 pieds de haut soit 1.94m et 2 pieds de large soit 0.65m) et le mur sera terminé fin juillet. Durant l’été 1721, la Peste progresse et atteint Avignon le 17 août, franchissant la Durance. Les villages situés au sud de la Durance sont désertés.

Au mois de juillet, des militaires français sont déployés afin de densifier la lutte contre la Peste. Les français ordonnent alors la construction de corps de garde et de guérites sur la « ligne de front ». Grâce à cette protection, la peste ne progresse plus vers le nord, mais se répand dans toute la Provence ainsi que sur le Languedoc.

Il fallut attendre le mois de mai 1722 pour voir la peste perdre de la vitesse, et la fin de l’année pour voir les derniers foyers de peste s’éteindre. Depuis, la peste a épargné la France. On estime que pertes sont de l’ordre de 30.000 à 40.000 morts rien qu’à Marseille, qui comptait alors 90.000 habitants. Le bilan pour la Provence fut environ de 120.000 victimes sur les 400.000 habitants que comptait alors la Provence, soit environ un tiers de la population.

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